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Le gardien des fleurs

Bienvenue à toi, Gardien des fleurs.  Entre silencieux et observe.  Dans ce jardin d'éternité se trouve le Paradis.  Écoute le vieux sage.  Entends son silence.  Il détient dans son immobilité t oute la sagesse du monde ; c elle des fleurs, r enaissantes à chaque printemps, g age de persévérance et d'immortalité.  Sois vigilant : l e dragon veille.  Trouve l'essence de vie. La source vive est là, jaillissante au creux du rocher. Ressource-toi : mon île est vaste et accueillante. Grand est mon jardin ; petits sont parfois ses habitants. Regarde mes bonsaïs : ces humbles signes sont extraordinaires de force et de richesse. Va, Gardien des fleurs. Et n'oublie pas : vole par-delà les monts et les rivières. T ransmets aux hommes sages ton message de renaissance, d'harmonie et de sérénité.  Et surtout ne t'enferme pas : éparpille-les tes brassées d'azalées.  Chaque pétale emporté par le vent sera un cadeau de vie pour le guerrier debout....

À mon grand-père

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Une main silencieuse posée sur la mienne, le sourire tendre sous la moustache, le regard fier de l’homme droit, la voix pédagogique de l’autodidacte, le rire éclatant de la joie de vivre : il est des êtres qui nous manquent, indéfiniment. De nos racines bien ancrées dans le sol poussent des ramures qui s’élèvent vers le ciel et cet avenir que nous construisons chaque jour au nom de nos Anciens. Le cœur plein de ce partage, nous libérons sans cesse, à travers nos pas nouveaux, un chemin. Je me demande parfois si ce sentier de liberté tracé n’est finalement pas le cadeau ultime du cher disparu comme si, en nous laissant sur le bord de notre route, il nous transmettait chaque jour un défi nouveau vers plus de vie. Cette vivance palpable qui nous vrille, nous la transmettrons à notre tour à nos enfants, faisant de nous des Anciens dont la main, le sourire, le regard, la voix, le rire seront les gardiens pacifiques des combats de nos descendants. La vie est un cycle. Celu...

Les couleurs de la vie*

Dans le ciel, je regarde cette lumière douce que filtre le matin silencieux, aube sensible aux couleurs vibrantes et diffuses. Je peins ma toile. La brosse glisse dans un bruit rugueux et souple. Le regard fixé sur l’horizon, la respiration calme comme ce matin du monde, je mélange les couleurs et je m’évade. Si je devais réaliser le tableau de ma vie, quels portraits, quels regards, quels souvenirs coucher sur le papier toilé ? Les mots sont parfois plus difficiles à trouver qu’une palette de couleurs à diluer. Je pose le pinceau et imagine alors quel poème enfantin j’aurais pu écrire, à l’aube de ma vie. À moins que ce ne soient quelques mots tremblants retombés en enfance : Je n’attendais pas la lune, Mais un peu de fortune ! Je n’attendais pas le soleil, Mais un peu de merveilles ! Je n’attendais pas le ciel, Mais un peu de miel ! Je n’attendais pas l’heure dernière, Mais un peu de lumière ! Je n’attendais pas le soir, Mais un peu d’espoir ! Je n’attendai...