Le clown blanc
Assis à sa table de maquillage, le visage figé, sans âge, le clown solitaire retire ce masque blanc de délire. D'un geste précis, il ôte les habits d'un cœur voilé ; les larmes ont coulé. Sa patience sans nom le pousse dans la déraison : les souvenirs affluent et le regard se dilue à la recherche du pourquoi de tant de désarroi. Il revoit la danseuse aux serpents qui d'un regard l'a envoûté, fervent. Cette beauté ondulante sans nom que les hommes brûlent de passions n'ont pour elle qu'attirance alors que lui a compris la danse. De cette femme à l'âme de vestale, il connaît tout de la délicatesse florale. Le nouveau trapéziste s'en est épris et le clown connaît déjà ce qui suit : elle ...